Articles de psychiatre générale publiés par Alexandre BARATTA

Alexandre Baratta,  Olivier Halleguen, Luisa Weiner.  Jeanne d'Arc et ses voix: pathologie psychiatrique ou phénomène contextuel ? L'information Psychiatrique, 2009(85): 907-916

 

Lien: http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/medecine/ipe/e-docs/00/04/51/D1/resume.phtml

Résumé:

Jeanne d’Arc est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431. Elle avait 19 ans. Son cas est à la jonction des domaines historiques, religieux, politiques mais aussi psychiatriques. En effet, les documents historiques nous font part d’une adolescente sujette à des manifestations plurimodales d’allure hallucinatoire dès l’âge de 13 ans. Son cas s’inscrit dans un contexte historique particulier, celui de l’Europe médiévale, caractérisé par la guerre de Cent Ans, ainsi qu’une attente accrue de prophétesses par le peuple. L’objectif de la présente étude est de faire une relecture du cas de Jeanne d’Arc afin de dégager des hypothèses diagnostiques concernant l’existence d’une éventuelle pathologie psychiatrique. Pour ce faire, nous avons tout d’abord décrit les signes cliniques, tels qu’ils sont rapportés par les chroniqueurs de l’époque, en tenant compte du contexte socioculturel et personnel dans lequel ils sont apparus. Dans un deuxième temps, nous avons analysé les hypothèses diagnostiques déjà soulevées par la littérature scientifique ainsi que d’autres qui, à notre connaissance, n’ont pas été considérées jusqu’à présent. Ainsi, les hypothèses d’un trouble schizophrénique ou d’une épilepsie mésiale nous semblent peu probables. D’autres hypothèses récemment évoquées telles qu’une épilepsie idiopathique avec des traits auditifs et d’une anorexie mentale sont plus pertinentes, mais n’expliquent pas la totalité du tableau clinique. Enfin, seules les hypothèses d’un trouble bipolaire, d’un trouble conversif et d’une adolescence normale semblent compatibles avec les signes cliniques et la personnalité de la Pucelle.

 

 

 

 

Alexandre Baratta, Luisa Weiner, Olivier Halleguen.  Le cauchemar: histoire du concept, données cliniques et implications sociétales. L'information Psychiatrique, 2009(86): 73-78

 

Lien: http://www.jle.com/fr/revues/medecine/ipe/e-docs/00/04/53/10/resume.phtml

Résumé:

De nos jours, le terme de cauchemar est utilisé dans le langage populaire comme médical pour désigner un mauvais rêve. Il ne s’agit là que d’une définition moderne qui est loin de refléter la réalité clinique désignée originellement par ce terme. Depuis l’Antiquité, une pathologie du sommeil intrigue les médecins et alimente les croyances populaires. Il s’agit de l’Ephialtès grecque, de l’incubus des Romains, du Kanashibari des Japonais et du cauchemar en Europe dès le Moyen Âge. Dans tous les cas, la description est invariable : le dormeur, paralysé dans son lit, décrit une forte oppression thoracique l’empêchant de respirer comme si une créature était assise sur sa poitrine. Comment ce concept a-t-il évolué dans le temps, et dans quelle mesure a-t-il pu alimenter les folklores populaires ? Quel trouble neuropsychiatrique se cache derrière une telle description d’attaque nocturne qui semble universelle ?

 

 

 

Alexandre Baratta, Luisa Weiner. La lycanthropie: du mythe à la pathologie psychiatrique. L'information Psychiatrique, 2009(85): 675-679.

 

Lien: http://www.jle.com/fr/revues/medecine/ipe/e-docs/00/04/4E/CF/resume.phtml

Résumé:

La métamorphose d’homme en loup est une croyance ancienne. Assimilée par l’Inquisition à de la sorcellerie, la lycanthropie a donné lieu à de nombreux procès et mené à de nombreuses condamnations au bûcher. Parallèlement à l’interprétation religieuse de la lycanthropie, plusieurs médecins ont assimilé cette dernière à un trouble mental. Durant l’Antiquité et le Moyen Âge, deux conceptions de la lycanthropie coexistent donc : une approche religieuse pouvant conduire au bûcher et une vision médicale rationnelle. Cette dernière considère initialement la lycanthropie comme une complication de la mélancolie et privilégie le traitement à la punition inquisitoriale. Finalement le modèle médical l’emporte dès le début du XVII e siècle, la lycanthropie étant décrite comme manifestation clinique de plusieurs troubles mentaux (mélancolie puis manie). Depuis 1850 jusqu’à ce jour, des cas cliniques de lycanthropie sont toujours publiés dans la littérature française et internationale.

 

 

 

Alexandre Baratta, Alexandre Morali. Les traitements biologiques en psychiatrie entre la seocnde moitié du XIXè siècle et la première moitié du XXè siècle. L'information Psychiatrique, 2010(86): 539-547 

 

Lien: http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/medecine/ipe/e-docs/00/04/5B/24/resume.phtml

Résumé:

Au fil des siècles, l'histoire de la médecine s'est nourrie des influences réciproques entre l'utilisation de diverses thérapeutiques (physiques ou biologiques) et les hypothèses anatomophysiopathologiques : les maladies mentales n'ont pas échappé à ce courant. En délimitant nos recherches aux seules thérapeutiques biologiques, sur une période bien précise, nous avons souhaité connaître les moyens (molécules ou principes actifs) utilisés spécifiquement entre la fin du XIX e et le début du XX e siècle. Durant cette période, les médecins ont employé des substances, d'abord d'origine naturelle puis synthétiques avec l'avènement de la chimie. Les objectifs thérapeutiques, tout comme les hypothèses physiopathologiques à l'origine des troubles sur lesquels ces traitements sont censés agir, ont évolué. Ainsi, la recherche initiale de la sédation de l'agitation a progressivement cédé sa place, sans jamais totalement disparaître, à la recherche d'effets plus ciblés comme l'action antipsychotique par exemple. Cette revue nous incite à confronter avec humilité nos pratiques actuelles à la question essentielle : que traitons-nous dans les maladies mentales et sur quelles bases physiopathologiques ?

 

 

 

 

Alexandre Baratta, Olivier Halleguen. Quelle pathologie psychiatrique pour l'empereur romain Caligula ? L'Information Psychiatrique, 2009(85): 83-92

 

Lien: http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/medecine/ipe/e-docs/00/04/48/0F/resume.phtml

Résumé:

Le jeune empereur romain Caligula a marqué son gouvernement par une politique réputée déséquilibrée et sanguinaire. Ce personnage n’a pas cessé d’interroger historiens, psychologues et médecins sur une possible maladie mentale ayant pu affecter son jugement. De multiples hypothèses ont ainsi été élaborées, allant de la psychopathie à la schizophrénie. Quels sont les arguments avancés par chacun ? Quelle lecture sémiologique pouvons-nous faire des sources antiques ? Il s’agira dans tous les cas de confronter les nombreux arguments sémiologiques entre eux afin de se rapprocher le plus possible du tableau clinique originel.

 

 

 

Luisa Weiner, Alexandre Baratta, Julie Henry, Claire Di Santi. Apport des approches inspirées de la neuropsychologie au diagnostic d’autisme chez l’adulte : une étude de cas. Annales Médico Psychologiques, 2010(168): 782-791

 

Lien: http://www.em-consulte.com/article/271901

Résumé:

Nous allons illustrer à partir d'un cas clinique les procédures diagnostiques des troubles du spectre autistique chez l'adulte, inspirées des théories neurocognitives actuelles. Nous relatons le cas d'un homme de 29 ans reçu en consultation psychiatrique. Le diagnostic initialement retenu était celui de personnalité évitante, compliquée de phobie sociale et d'un trouble dépressif intercurrent. Malgré la diminution des symptômes anxieux et dépressifs après l'instauration d'un traitement par antidépresseurs, des signes cliniques évoquant un sydrome d'Asperger persistent, motivant ainsi l'utilisation de deux questionnaires de dépistage. Les résultats aux deux questionnaires, conçus à partir des théories neurocognitives actuelles, sont en faveur d'un syndrome d'Asperger. Ultérieurement, les résultats à l'évaluation diagnostique approfondie sont également en faveur d'un sydrome d'Asperger : des particularités développementales et cognitives dans les domaines mnésique, exécutif, perceptif et social sont notées. En conclusion, de nombreux adultes avec un syndrome d'Asperger n'ont pas été diagnostiqués pendant l'enfance. Il est important de pouvoir le dépister en consultation psychiatrique standard, afin qu'une évaluation plus approfondie soit proposée et que le suivi soit ajusté en fonction de l'histoire développementale, des comorbidités psychiatriques et du profil neurocognitif.

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